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20.04.2002

 

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Yi Ch'ong-Jun

Ce paradis qui est le vôtre
Au large des côtes sud de la Corée, une léproserie où sont soignés des malades de l'ensemble du pays. Fondée pendant la colonisation administrée par les Japonais puis par les Coréens après la libération, elle vit en vase clos au milieu de l'indifférence et de la méfiance du continent.

Jusqu'au jour où le nouveau directeur Cho Paik-Hon prend ses fonctions et entreprend de redonner leur dignité aux malades en les sortant de l'assistanat dans lequel on les a plongé. Mais son ambition se heurte à l'apathie et au scepticisme des malades et du personnel de l'hôpital.

Le colonel Cho va alors découvrir la situation si ambiguë de ces malades qui ne veulent plus être déçus par un directeur supplémentaire, plus inquiet de sa renommée et de sa postérité que de la réelle amélioration du sort des malades. Comment convaincre les malades de sa bonne foi, comment ne pas "ériger sa propre statue" sous prétexte d'aider les malades à construire leur avenir ? Ce sont les questions auxquelles le colonel Cho s'essaye.

Ce roman d'une grande sensibilité sur les thèmes de l'exclusion, l'espoir, l'espérance et la désillusion est l'un de mes préférés.

Ce paradis qui est le vôtre.
Editions Actes Sud, 128 FF.

Le prophète
Na Uh-Yon est un habitué d'un bar en sous-sol. Possédant un sens aigu de devin, il sera le témoin de la métamorphose du petit microcosme du bar à la suite de la décision de la ténancière de faire porter à ses clients un masque.

Mesure très bien accueillie par les habitués du bar qui vont se soumettre à l'autorité de la ténancière qui leur permet de s'amuser dans un faux anonymat. Mais peu à peu Mme Hong va devenir le tyran du petit groupe terrorisé à l'idée de se faire exclure du bar, perdre son masque. Face aux réticents, elle fait montre de son pouvoir par le biais d'un ex-boxeur passé sous sa coupe. Recréant un univers parallèle où elle devient la reine des abeilles d'après le nom du bar. L'inertie, la passivité et le refus de la liberté contre la tranquillité se dévoilent aux yeux du seul participant qui garde sa lucidité. Certainement trop pour la reine des abeilles.

Le prophète.
Editions Actes Sud, 69 FF.

 

L'île d'Io
Un jeune enseigne de vaisseau a la lourde tâche de faire part de la disparition en mer d'un journaliste - Ch'on - embarqué sur son bâtiment. Au fil des rencontres de ses proches, il découvre et approfondit la psychologie du journaliste dont la vie est dominée par l'omniprésente Ile d'Io ou Ile bleue.

Paradis inaccessible, hors de portée de pêcheurs misérables, l'Ile d'Io représente l'opium du peuple des habitants de l'île de Cheju. Perdue dans l'océan elle recueillerait les pêcheurs naufragés auquels elle dispenserait ses bienfaits.

Rendant le mythe de l'île responsable des morts successives de ses parents, Ch'on n'hésitera néanmoins pas à se jeter à la mer afin que l'expédition militaire partie pour confirmer ou infirmer la légende ne puisse détruire dans l'imaginaire collectif l'existence de l'Ile. Niée de façon méthodique et rationnelle, l'île n'aurait pu donner de sens à sa vie. En disparaissant en mer, il réhabilite l'île en refondant par avance son mythe.

Les sentiments contradictoires du journaliste envers cette chimère honnie et pourtant suffisamment forte pour se sacrifier sont assez déroutants pour un non européen. En cela l'on découvre la complexité de l'âme coréenne avec en toile de fond le thème universel du paradis.

L'île d'Io.
Editions Actes Sud, 62 FF.

L'harmonium
Un fils part à la recherche du passé d'écolier de son père. Peu à peu les faits se revèlent malgré la réticence des témoins et l'oubli. Il finit par découvrir la politisation des maîtres de l'école juste avant la guerre civile de 1950, l'endoctrinement des enfants, leur engagement dans le maquis et leur fin tragique.

Désillusion du communisme de guerre, manichéisme de la société d'après guerre où qui n'est pas anti-communiste le devient, idéalisation de l'enfance, figurent parmis les thèmes de ce roman qui met en lumière les difficultés de la Corée avec son propre passé qui n'est pas sans rappeler l'attitude française envers Vichy.

L'harmonium.
Editions Actes Sud, 129 FF.

 

 

 

 

 


Pansori et "han" sont les deux principaux thèmes de cette nouvelle qui ne pouvait être que coréenne.

Un homme retrace son passé, marqué par les chants de sa mère et de son beau-père en écoutant une chanteuse de pansori dans un bar. Le chant, cause de son malheur, de son ressentiment - de son "han" - de la mort de sa mère, décédée à la suite de l'acouchement de sa demi-soeur. Le chant qui a occupé une place si importante dans sa vie et qui exerce cette relation contradictoire d'attirance-répulsion, de violence et d'abattement. C'est ce paradoxe, cette complexité qu'incarne le chant dans la vie agitée du personnage, que naît le "han".

Première approche de la coréanité du han, forcément incomplète tant la notion même du han est diffuse et sujette à caution. Certainement la nouvelle la plus forte du recueil, qui porte son titre.

La chanteuse de Pansori
in La chanteuse de Pansori-Prose coréenne contemporaine Editions Actes sud, 160FF.

 

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